Dans la chaleur du kerrozène
odeur jaunie
de papier d'autrefois
l'encre figée entre les pages
résonne encore
de tant de mains en écho
livres parcheminés
livres passages
livres
empreintes du temps
pas silencieux de personnages
dont la vie s'étire
page à page
visages émergeant
du rêve d'un errant
une âme vagabonde
glissant d'un monde à l'autre
à la croisée des imaginaires
Par Elvys
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Dimanche 30 novembre 2008
Incendie céleste
Dans l’irréalité du couchant
Les arbres s’empourprent
Au mépris de cet air glacé
De novembre
Valse des feuilles écarlates
Aujourd’hui je sais que le temps m’est compté
Je finirai par danser dans le vent
Lorsque l’automne aura frappé
Aux portes de mon âme
Brusque révélation
Qui me taraude
Qui me propulse dans l’instant
Je dévore la vie
Comme une crème glacée
Sur le point de fondre
Je m’emplis de lumière
Comme on se gorge de vin chaud
La vie brûle en moi
Bâton d’encens
Qui se consume lentement
Voici mon étincelle
Buvez cet éclair bleu
Ce qui n’est pas donné est perdu
Par Elvys
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la
vie rejaillira
entre la sagesse et l'amour
l'on est tout l'on est rien
qu'une force effrontée
un défi face au temps
un détour
la vie rejaillira
entre la douceur et l'amer
on se joue du destin
des embruns sur les cils
et le coeur à l'envers
on s'accroche on se tient
solidaires
la vie rejaillira
dans les lignes des mains
les chemins ortifères
les chagrins
je la vois qui s'étire
et se pare à bondir
la vie rejaillira
en félin
Par Elvys
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J'encre mes nuits
contre l'obscur
contre la vie qui nous démange
contre la démesure des maux
destins étranges
je peins mes nuits
couleur azur
rimaillant quand l'espoir renâcle
comme un rempart au temps qui rôde
destins qui râclent
boîte de nuit
toute en dorures
fruit de mes insomnies tenaces
pour combattre les déchirures
destins de grâce
Par Elvys
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Cathédrale
Elancés vers le ciel
vivants piliers
entrelacés de grâce
la voûte
porte plus haut
nos illusions
Sommes nous parcelles divines
enchâssées dans la chair
ou simples corps vibrants
d'une étincelle sacrée
Hommes ils furent ceux qui croyaient
et bâtirent de pierre
ce pont entre deux univers
Hommes ils furent et demeurèrent
créateurs
d'une oeuvre de lumière
Par Elvys
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Le brouillard
s'esclaffe
dans la tourbe
en
estafilades froides
dans la nuit profilée
ton sillage gracile
en frissons d'herbe
j'embrasse le silence
à pleines mains
j'en cueille la stupeur
révélée
à ton doigt
une étoile
étrangère
Par Elvys
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La mer est mon refuge
Mon âme y vogue en songe
Elle est inscrite en moi
En marque ombilicale
Mon âme y vogue en songe
L'exil est illusion
En marque ombilicale
L'océan m'est mémoire
L'exil est illusion
Contingence futile
L'océan m'est mémoire
J'y noie mes insomnies
Contingence futile
J'habite au bord du vide
J'y noie mes insomnies
J'y enfouis mes secrets
J'habite au bord du vide
La mer est mon refuge
J'y enfouis mes secrets
Elle est inscrite en moi
Par Elvys
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Pour illustrer mon goût pour le vers libre, j'ai peiné sur un même sujet de deux manières :
dans un premier temps, en vers métrés (je l'espère sans erreurs, j'ai juste négligé les rimes féminines ou masculines) en alexandrins, avec des rimes. Le résultat ne me plaît guère.
Puis j'ai retravaillé le même poème en vers libres.
Le Sphinx
A l'affût d'une proie invisible, d'un rêve
Qui viendrait agiter mon sommeil taciturne
Silhouette sculptée dans la clarté nocturne
Ton orgueil vigilant apaise mes nuits brèves
Phare au brillant iris guidant mes insomnies
Ta fierté immobile un instant délaissée
Ton corps zébré de noir se laisse caresser
Ronronnant sous mes doigts, en féline manie
Puis d'un bond audacieux vers la fenêtre humide
Tu griffes le carreau. L'animale nature
Qui te pousse à sortir dehors à l'aventure
Se heurte à la frontière imposée par le vide
O Sphinx ensorcelé, gardien de mes nuits blanches
Apprivoiseras-tu cet humble territoire
Que j'ai pu t'accorder, asile dérisoire
Quand la misère des rues amaigrissait tes hanches ?
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Sphinx
Comme sculpté
dans la clarté du crépuscule
Immobile fierté zébrée de nuit
A l'affût de mes songes
Phare au brillant iris
veillant sur mes insomnies
Dans ton orgueil félin
te laissant caresser
tu apaises mon mal
Dehors
l'instinct t'appelle
Tu te heurtes
à la frontière du vide
O Sphinx de mes nuits blanches
sauras-tu t'accorder
à mon humble territoire
Tu te mourais dans l'herbe
et je ne peux t'offrir
qu'une prison de velours
Par Elvys
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